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Suivi: Conférence publique combinée avec une rencontre de la Fédération des lacs de Val-des-Monts avec la ministre de l’Environnement et du Changement climatique

Publié le 27 janvier 2017

Suivi: Conférence publique combinée avec une rencontre de la Fédération des lacs de Val-des-Monts avec la ministre de l’Environnement et du Changement climatique

Suivi : Rencontre de la Fédération des lacs de Val-des-Monts avec la ministre de l’Environnement et du Changement climatique

Le 1er février dernier se déroulait, à Chelsea, une conférence publique avec la Ministre de l’Environnement et du Changement climatique, l’Hon. Catherine McKenna intitulée “Conversation au sujet de l’environnement et l’économie” organisée par le député de Pontiac, M. William Amos. La Ministre a choisi d’arriver plus tôt à la conférence pour avoir l’occasion de rencontrer en privé certains organismes en environnement et d’en connaître davantage sur les enjeux chauds pour leur organisation.

J’ai représenté la Fédération qui a été l’un de 11 organismes choisis qui ont fait une présentation à la Ministre. Plusieurs des enjeux de la Fédération ont alors été brièvement soulevés dont les problématiques affectant les plans d’eau de Val-des-Monts.

La Fédération a également fourni à la Ministre et au député de Pontiac une note de breffage un peu plus détaillée que vous trouverez ci-dessous.

René Parent, Président

Fédération des lacs de Val-des-Monts

Briefing de la Fédération des lacs de Val-des-Monts

Présenté à l’Hon. Catherine McKenna, Ministre de l’Environnement et du Changement climatique, le 1 février 2017

« Ressource eau: Richesse collective pour les générations actuelles et futures »

La Fédération des lacs de Val-des-Monts est un organisme à but non lucratif qui œuvre sur le territoire de la municipalité de Val-des-Monts dans le domaine de la protection des plans d’eau depuis 2005.

La Fédération des lacs regroupe 19 associations de lacs (soit 32 lacs) y compris tous les plus grands lacs de la Municipalité. Pour plus de renseignements sur la Fédération et ses activités, vous pouvez visiter notre site web: www.federationdeslacs.ca/

La Fédération est dirigée par un conseil d’administration constitué de bénévoles, sans aucune compensation. La Fédération engage cependant une employée, consultante en écologie et ce, à plein temps. De plus, nous engageons un ou deux étudiant(s)/étudiante(s) en écologie chaque été grâce à une subvention d’Emploi Été Canada.

La mission première est de préserver et améliorer la qualité des plans d’eau en visant comme résultat une eau saine et un milieu naturel en santé. En plus d’un ensemble d’activités plus concrètes sur le terrain qui consistent principalement en une caractérisation fort détaillée des plans d’eau et nous y reviendrons, la Fédération travaille à la sensibilisation et l’éducation des riverains, des usagers, des entreprises et des instances gouvernementales à devenir écoresponsable.

Présentement, parmi plusieurs autres activités, nous travaillons en étroite collaboration avec la Municipalité de Val-des-Monts sur un comité ad hoc établi par la Municipalité, pour la mise en place d’un Plan directeur de l’eau pour notre Municipalité, une initiative de la Fédération sur laquelle on a travaillé très activement depuis cinq ans en faisant, entre autres, la collection d’un très grand nombre de données de base sur 40 lacs et plans d’eau pour bien les connaître, documenter leur état, faire une analyse des données terrain obtenues et bien cerner leur problématique.

Enjeux environnementaux ... et financiers

Tous s’entendent pour dire que les lacs sont une richesse inestimable. La détérioration de l’état de santé des plans d’eau est le résultat d’un grand nombre de facteurs, dont certains sont mieux connus comme contamination microbiologique et chimique, sur-utilisation, érosion, espèces invasives, mais bien d’autres facteurs entrent en jeu et l’effet combiné de tous ces facteurs résulte en une détérioration graduelle et, malheureusement dans bien des cas, fort accélérée de nos lacs.

Ce qui est moins évident, c’est d’identifier et de mettre en place des mesures de protection et correctives, le cas échéant.

J’aimerais seulement mentionner ici les principales problématiques auxquelles nous faisons face dans notre région en ce qui a trait à la qualité de nos plans d’eau. Cependant, nous avons préparé et joint à ce briefing une annexe plus détaillée qui offre plus de détails sur ces problématiques et sur d’autres enjeux:

- Le myriophylle à épi est l’espèce la plus problématique à Val-des-Monts, espèce déjà bien établie dans plusieurs de nos lacs.

- Aussi préoccupant, la moule zébrée est à nos portes, dans la rivière Rideau et le lac de la Carrière, à peine une vingtaine de kilomètres de Val-des-Monts.

- Les algues bleu-vert (cyano- bactéries) ciblées par certains experts comme en quelque sorte le symbole de la dégradation des lacs au Québec et qui présentent, entre autres, une sérieuse menace pour la santé humaine.

- Le manque de sensibilisation, encore aujourd’hui, aux bonnes pratiques environnementales.

- Mais un des plus gros défis pour nos lacs, c’est Ottawa, mais je ne parle pas du gouvernement fédéral mais bien de la proximité de la Capitale nationale (Ottawa étant à peine à 25 minutes de route) et Gatineau (à 10 ou 15 minutes) de lacs, dont plusieurs sont d’une dimension idéale pour les activités nautiques, donc sur-utilisation, avec bien des impacts environnementaux dommageables et accélérés.

Outre les impacts strictement environnementaux, plusieurs de ces problématiques entraînent aussi un énorme impact financier pour les utilisateurs de l’eau et pour mitiger ces impacts.

Donc, un fort défi environnemental qui est étroitement lié à un autre enjeu, soit le financement de toutes les activités nécessaires pour la protection et amélioration de nos plans d’eau.

Le travail initial de la Fédération nécessaire pour le développement du Plan directeur de l’eau a consisté en la caractérisation des plans d’eau, en fait, un inventaire de lacs concernent principalement la qualité de l’eau (physico-chimie), la caractérisation des berges, l’identification et la localisation des herbiers aquatiques envahissants, l’identification de la faune et la flore (incluant les espèces susceptibles d’être menacées et les espèces exotiques envahissantes), l’identification des indices de présence du castor et la caractérisation des tributaires et des émissaires (cours d’eau) et bien d’autres facteurs sur lesquels on travaille encore.

En ce qui concerne l’aspect plus restreint “qualité de l’eau”, mentionné ci-haut, c’est tout un ensemble de mesures qui ont été prises, dont: la température, l’oxygène dissous, le pH, la conductivité, les nitrates et la transparence. Des mesures du phosphore total, de la chlorophylle a et du carbone organique dissous ont également été prélevées sur une majorité de lacs afin d’établir l’état d’eutrophisation (vieillissement) de ceux-ci.

Afin d’accomplir toutes ses initiatives, la Fédération a pu obtenir dans le passé différentes sources de financement, dont une subvention annuelle de notre municipalité, des subventions d’autres organismes et les cotisations de nos associations de lac membres. Mais la réalité actuelle est que notre principale source de financement, la subvention de la municipalité, a été coupée de près de 50%, il y quelques années. En somme, nous avons dû gruger toutes nos réserves et couper des activités.

Donc, nous devons faire de plus en plus d’activités de levée de fonds, dont demandes de subvention tout en faisant face à de plus en plus de compétition d’autres organismes qui œuvrent aussi en environnement

Comme exemple de subvention qui nous permettrait de mettre en place un nouveau projet fort pertinent, la Fédération a soumis, cette année, une demande de subvention au montant de 34,450$, sur 2 ans, à ÉcoAction du Ministère de l’Environnement et du Changement climatique, intitulé "Protégeons nos lacs de la moule zébrée" qui vise à déterminer s’il y a présence de moules zébrées dans nos lacs qui ont une rampe d’accès publique.

En conclusion, bien que nous travaillons en collaboration avec notre municipalité au développement du Plan directeur de l’eau, il ne s’agit qu’une autre mais importante étape, un plan, dont son implantation coûtera bien plus que les ressources combinées de la Fédération, des associations de lacs et de la Municipalité.

René Parent, Président

Fédération des lacs de Val-des-Monts

p.j.

Annexe

Principales problématiques affectant et/ou pouvant affecter

les plans d’eau de notre région

Val-des-Monts est une région périurbaine réputée pour sa villégiature et ses nombreux lacs. Tout en étant un joyau pour les utilisateurs des plans d’eau, la région subit ou est la cible de plusieurs impacts environnementaux dont certains peuvent être très dommageables.

Les espèces aquatiques exotiques envahissantes

Les espèces aquatiques envahissantes proviennent principalement de la contamination des embarcations se promenant de plan d’eau en plan d’eau sans lavage ni inspection pour vérifier qu’elles soient bien propres. Il s’agit également d’un problème de manque de ressources. En effet, l’absence de station de lavage de bateaux et/ou d’inspection combinée à un manque de sensibilisation contribuent à la propagation des espèces.

Le myriophylle à épi est l’espèce la plus problématique à Val-des-Monts. Cette espèce est nuisible de par le fait qu’elle n’a pas de compétition d’autres plantes aquatiques et n’a pas véritablement de prédateurs dans nos régions. Elle prolifère au point de tapisser les fonds lacustres de plusieurs lacs, réduisant ainsi l’oxygène et la lumière pour une multitude d’espèces floristiques et fauniques indigènes. Un seul brin de la plante, sectionné par exemple par l’hélice d’un bateau moteur, peut recoloniser un deuxième plant rapidement, mais la réalité c’est que le mouvement rapide d’une hélice peut facilement produire plusieurs fragments de la plante, donc une multitude de nouvelles plantes. Les impacts de l’envahissement du myriophylle à épi sont à plusieurs niveaux : perte d’habitat pour les salmonidés (truites), diminution des retombées économiques liées à la pêche sportive, diminution des espèces indigènes présentes dans le lac, diminution de la valeur des propriétés riveraines et villégiature impraticable (baignade, pêche, sport aquatique, etc.)

La moule zébrée qui est déjà présente dans la rivière Rideau et le lac de la Carrière à une vingtaine de kilomètres de Val-des-Monts est une autre espèce aquatique exotique envahissante pouvant causer plusieurs impacts environnementaux à la région. L’inquiétude à son sujet est si grande que nous projetons débuter un projet de détection au cours de l’été. Au point de vue écologique, cette espèce est dommageable pour la biodiversité des lacs et notamment pour la moule d’eau douce à laquelle la moule zébrée s’attache pour désagréger la coquille et se nourrir de calcium. Au point de vue économique, la moule zébrée est nuisible pour bon nombre d’utilisateurs de l’eau, y compris les riverains s’approvisionnant de l’eau de leur lac. En effet, celle-ci s’attache et colmate les conduites d’eau, mais s’attache également aux embarcations et aux autres structures présentes dans l’eau.

Les algues bleu-vert et les éléments nutritifs (phosphore)

Les algues bleu-vert sont naturellement présentes en faible densité dans les plans d’eau, mais c’est leur prolifération rapide, due à la présence d’éléments nutritifs dans l’eau comme le phosphore qui peuvent être nocifs pour la santé. L’application des bonnes pratiques environnementales permettant de réduire les apports nutritifs dans les plans d’eau est une problématique importante pour notre organisme, sachant que ces apports peuvent provenir de plusieurs sources. On n’a qu’à penser à l’agriculture conventionnelle, le déboisement des bandes riveraines, les rejets dans l’environnement d’installations septiques non conformes, le lessivage des routes en bordure des lacs, l’érosion des berges par les vagues (wakeboats et cie), l’utilisation d’engrais et de produits phosphatés, ou le drainage des étangs de castor (barrage instable).

Le manque de sensibilisation

Le manque de sensibilisation aux bonnes pratiques environnementales est encore une problématique importante de nos jours. Malgré toute la publicité, les petits organismes comme la Fédération des lacs de Val-des-Monts pourraient, si les fonds le permettaient, offrir une présence sur le terrain afin d’informer directement les utilisateurs et les faire participer aux changements en faveur de l’amélioration de la qualité de l’eau.

Autres enjeux et problématiques

  • L’érosion des rives (lessivage et apport de phosphore dans les plans d’eau)

- y compris impacts de la foresterie, carrières et sablières

  • Activités agricoles
  • Installations septiques
  • Anciens dépotoirs
  • Développement résidentiel
  • La gestion de l’habitat du castor
  • Localisation des frayères et milieux humides
  • Le suivi de la qualité de l’eau (avoir les fonds nécessaires pour faire les tests d’eau et les ressources pour récolter les échantillons et en interpréter les résultats)
  • Les bandes riveraines (mettre en place des programmes d’aide au reboisement)
  • Mesures incitatives ou réglementaires (ou manque de) pour limiter les vagues par les bateaux-moteur sur nos lacs
  • Promotion de la villégiature écoresponsable par les riverains, vacanciers et autres utilisateurs occasionnels.