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Texte accompagnant la vidéo

LA STATION D'ÉCHANTILLONNAGE

Identifier la zone la plus profonde de votre lac, cet endroit que l'on nomme la fosse, sur votre carte bathymétrique. Il s'agira de votre station d'échantillonnage de l'eau pour identifier le taux de phosphore total dans votre lac et effectuer la mesure de la transparence. À défaut d'avoir une carte bathymétrique, c'est-à-dire une carte où les mesures de profondeurs y sont indiqués, vous pouvez utiliser une simple carte de vote lacs et identifier le centre du lac.

Si vous possédez un échosondeur pour localiser les poissons, communément appelé un « fishfinder », vous pouvez également utiliser cet appareil pour localiser la fosse de votre lac.

De plus, si vous possédez un GPS de poche, vous pouvez enregistrer cette localisation afin de vous assurez d'effectuer votre échantillonnage au même endroit à chaque année.

Souvenez-vous que selon la grosseur de votre lac, vous pouvez augmenter le nombre de stations d'échantillonnage. Certains grands lacs de Val-des-Monts peuvent avoir plus de 4 stations d'échantillonnage.

 

LE MATÉRIEL D'ÉCHANTILLONNAGE

Un bon échantillonnage débute par une bonne préparation.

Tout d'abords, assurez-vous d'avoir des blocs réfrigérants de prêt au congélateur. Communément appelé des « Icepack » ceux-ci permettront de conserver vos échantillons jusqu'à leurs arrivés au laboratoire.

Vous aurez donc besoin

  • D'une glacière et des blocs réfrigérants
  • D'un disque de Secchi et de 2 pinces
  • D'une bouteille propre munie d'un poids et d'une corde pour recueillir vos échantillons d'eau
  • D'une ancre pour votre bateau
  • Quelques paires de gants de vinyle ou de latex.
  • 3 bouteilles du laboratoire par station d'échantillonnage
  • La fiche de collecte de donnée du laboratoire et un crayon
  • Un carnet de note et la carte du lac
  • Un gallon à mesurer
  • Et enfin, votre veste de flottaison individuelle, votre trousse d'urgence et votre embarcation

Prévoyez toujours être 2 personnes pour effectuer vos échantillonnages.

 

LA TRANSPARENCE DE L'EAU

Effectuer des mesures de la transparence de l'eau permet de repérer tous changements qui pourraient survenir dans le lac. De plus en combinaison avec l'échantillonnage d'autres paramètres physicochimique de l'eau il permet aussi d'évaluer l'état trophique du lac, c'est-à-dire son état de vieillissement. La mesure de la transparence doit se faire tout au long de la période estivale, soit de juin à octobre et à raison de 2 fois par mois à tous les 2 semaines.

La transparence de l'eau c'est la profondeur où notre disque de Secchi va disparaitre et réapparaitre. Une fois arrivé sur les lieux de notre station d'échantillonnage il est important d'ancrer votre bateau afin de rester stable et au même endroit tout au long de la prise de données.

Votre disque de Secchi doit être muni d'un poids afin de descendre facilement et verticalement. Utiliser une corde que vous aurez préalablement graduée au 10 cm pour faciliter la lecture de votre mesure de votre transparence.

Pour noter la mesure de la transparence, il suffit de descendre le disque de Secchi jusqu'à l'endroit ou celui-ci disparait dans l'eau. Fixez une pince sur la corde au niveau de la surface de l'eau. Remonter le disque et fixer une 2e pince à l'endroit où le disque réapparait. Faite la moyenne des mesures obtenues pour connaitre la profondeur de la transparence. Vous pouvez répéter l'exercice pour valider vos résultats.

Pour les lacs peu profond, il est possible que le disque touche le fond avant de disparaitre. Notez tout de même cette lecture et répéter l'exercice une fois par mois. Il est possible que la transparence soit affectée à un moment donnée par de la matière en suspension telle que des algues microscopiques. Si tel est le cas, répéter la lecture à tous les 2 semaines.

Toutefois, si le fond du lac est tapissé de plantes aquatiques qui empêchent la lecture du disque, veuillez en prendre note sur votre fiche de collecte de donnée ou votre carnet de lac.

Pour chacune des mesure de transparence vous devez en prendre en note la date, l'heure, les conditions météo, le nom de la station, la couleur de l'eau et toutes observations pertinentes.

Pour plus d'informations ou pour obtenir un exemplaire de la fiche de collecte de donnée, veuillez consulter l'adresse Internet mentionné ici.

 

ATTENTION –LES SCÈNES SUIVANTES SONT DES ERREURS À ÉVITER LORS DE LA PRISE DE MESURE DE LA TRANSPARENCE DE L'EAU.

Tout d'abords, évitez de vous positionner face au soleil. De cette façon vous aurez de la difficulté à bien voir le disque de Secchi au fond de l'eau car vos yeux seront éblouis par le soleil qui réfléchi à la surface de l'eau.

Évitez également de portez des lunettes de soleil car celles-ci peuvent fausser la lecture de la mesure de la transparence.

De plus, il serait favorable d'éviter les journées de grands vents qui occasionnent des vagues car celles-ci empêchent la lecture de votre Secchi.

Essayer autant que possible d'effectuer la mesure de la transparence de l'eau à la même heure pendant la période de clarté.

 

ÉCHANTILLONNAGE DU PHOSPHORE TOTAL

Le phosphore total est un élément nutritif essentiel à la croissance des plantes et des algues. On le retrouve dans nos lacs à des concentrations qui peuvent différées. Il y a donc un lien étroit entre la concentration de phosphore, l'abondance d'algues et de plantes aquatiques et le niveau trophique du lac. Les lacs eutrophes, soit ceux qui possèdent un état de dégradation et de vieillissement avancé, ont généralement une plus grande concentration de phosphore.

L'échantillonnage du phosphore s'effectue généralement pendant le brassage printanier des eaux soit environ une semaine après le calage ou le renversement des glaces sur le lac. Certains réaliseront aussi un échantillonnage pendant les mois d'été et au brassage automnale, c'est-à-dire juste avant la prise des glaces.

L'échantillonnage du phosphore devra être effectué à votre station d'échantillonnage, soit au dessus de la fosse du lac.

Utilisez une bouteille de verre transparent, telle qu'une bouteille de vin bien nettoyée et bien rincée que vous fixerez à un poids lourd. Cela pourrait être un marteau fixé à la bouteille avec des élastiques ou du ruban adhésif étanche. Utilisez une corde que vous aurez préalablement graduée.

L'échantillonnage du phosphore devra être effectué sur toute la colonne d'eau de la zone photique, c'est-à-dire, la profondeur maximale du lac exposée à la lumière et où la photosynthèse se produit. Le calcul de la profondeur de la colonne d'eau à échantillonner se résume à 2 fois la mesure de la transparence de l'eau. Par exemple, si votre lecture de transparence était de 4,2 mètres, vous devrez multiplier par 2 cette mesure. Vous prélèverez donc un échantillon sur une colonne d'eau d'une profondeur de 8,4 mètres. Faite une marque sur votre corde à la profondeur à échantillonner.

Toutefois, dans les lacs peu profond où le double de la mesure de la transparence du disque de Secchi serait supérieur au fond du lac, l'échantillon devra être prélevé jusqu'à un environ mètre du fond. Évité de remuer les sédiments au fond du lac.

Avant de débuter votre premier prélèvement, rincer votre bouteille 3 fois avec l'eau du lac. Remplissez également votre fiche de collecte de donnée fourni par le laboratoire et identifier vos bouteilles échantillons. Descendez et remonter votre bouteille à une vitesse constante afin d'échantillonner uniformément la colonne d'eau. Votre bouteille ne doit pas être pleine à déborder une fois sortie de l'eau. Si tel est le cas, répéter l'exercice un peu plus rapidement.

C'est à cette étape qu'il faut maintenant enfiler vos gants de latex ou de vinyle avant de manipuler vos bouteilles du laboratoire. Ouvrez le bouchon de votre première bouteille et versez l'eau de votre échantillon jusqu'à l'épaulement dans plus. Refermez votre bouteille et placez-la immédiatement dans la glacière avec les blocs réfrigérants. Répétez l'exercice pour les 2 autres prélèvements.

Souvenez-vous que vous devez prélever 3 échantillons d'eau par station d'échantillonnage. Il ne vous reste plus qu'à rapporter vos échantillons au laboratoire.

 

ATTENTION : LES SCÈNES SUIVANTES SONT DES ERREURS À ÉVITER LORS DE L'ÉCHANTILLONNAGE DU PHOSPHORE TOTAL

Lorsque vous échantillonnez votre colonne d'eau, votre bouteille ne doit pas être entièrement pleine à la sortie de l'eau. Cela voudrait dire que vous n'avez pas un échantillon uniforme de la colonne d'eau. Si ce problème ne se résout pas en accélérant la remonté, utilisez une bouteille avec un goulot plus petit ou ajoutez-y un poids afin qu'elle descende plus rapidement.

Même si le lac est peu profond ou tapissé de plantes aquatiques, vous devez évitez de recueillir votre échantillon en troublant les sédiments au fond de l'eau ou de recueillir des partie de végétaux.

L'eau de votre échantillon peut être turbide si vous agitez les sédiments au fond du lac. Sachez toutefois que les pluies abondantes et les grands vents peuvent aussi créer de la turbidité dans l'eau.

Évitez de laissez trainer les bouteilles du laboratoire au fons de l'embarcation où à un endroit en contact avec des poussières, du pollen ou de la moisissure.

Assurez-vous également de toujours portez des gants de vinyle ou de latex avant de manipuler les bouteilles du laboratoire.

Voyez à ne pas remplir la bouteille jusqu'au débordement.

Finalement, assurez-vous de replacer votre échantillon dans la glacière et non au fond de l'embarcation. « Générique »

Techniques de mesure de la transparence et d'échantillonnage du phosphore total de l'eau à été préparé pour tous ceux qui souhaitent effectuer le suivi régulier de la qualité de l'eau d'un lac. Pour plus d'information sur les protocoles d'échantillonnages de la qualité de l,eau, veuillez consulter les sites Internet suivants :

Cette vidéo a été réalisée par Mélanie Renaud avec la participation de Marion Loubière pour la Fédération des lacs de Val-des-Monts

Si vous avez des questions à propos de cette vidéo ou sur l'organisme la Fédération des lacs de Val-desMonts, contactez nous à l'adresse suivante : federationlacsvdm@gmail.com.

Pour les membres seulement : Obtenez un prix corporatif pour les frais d'analyse avec le laboratoire Caduceon. Contactez federationlacsvdm@gmail.com pour obtenir le numéro de soumission ou pour devenir membre de la Fédération.

 

Échantillonnage des lacs

Important : les informations suivantes s’appliquent uniquement à la qualité de l’eau pour usage récréatif et non pour les eaux potables. 

 

Pourquoi effectuer l’échantillonnage de l’eau des lacs?

Cette question pourrait être répondue en partie par une autre question : pourquoi effectuer un examen médical si je suis en bonne santé? L’échantillonnage de l’eau des lacs permet de prévenir ou identifier plusieurs problématiques. Il permet aussi d’orienter ses actions pour le maintien ou l’amélioration de la santé des lacs. Comment savoir si  la couche d’eau froide au fond des lacs (hypolimnion) est bien oxygénée ou s’il y a un manque d’oxygène (anoxie)? Est-ce que le lac contient beaucoup de phosphore et qu’est-ce que cela implique? Voici donc un petit aide-mémoire qui vous permettra de résumer chacun des paramètres d’échantillonnage, la technique d’échantillonnage, la provenance et les effets sur la qualité de l’eau ainsi que la façon d’interpréter les résultats. 

 

Le phosphore total

Qu’est-ce que le phosphore? Le phosphore est un élément nutritif essentiel à la croissance des plantes et des algues. Le phosphore est directement lié à l’eutrophisation (vieillissement prématuré) d’un lac (voir la figure 1). Selon certaines études (Carignan et al., 2003), trois (3) principaux facteurs sont reliés à la concentration de phosphore mesurée dans un lac soit, les milieux humides, le temps de renouvellement de l’eau d’un lac et l’impact de l’humain (notamment les perturbations dans la bande riveraine). Un taux de phosphore de 10 µg/litre serait donc la limite avant que les problèmes d’eutrophisation prématurée (croissance des plantes et algues) ne deviennent sérieux, selon Richard Carignan.

 

Eutrophisation prématurée d’un lac (classes d’état trophique).  http://www.zonebayonne.com/2015/pages/LACS/eutrophisation.html


Pourquoi échantillonner le phosphore et quand? L’échantillonnage du phosphore pourrait être effectué tous les mois à compter du printemps jusqu’à l’automne puisqu’il est directement lié à la croissance des plantes aquatiques. Toutefois, il est recommandé, selon le réseau de surveillance volontaire des lacs (RSVL) créé par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et Lutte contre les Changements climatiques (MDDELCC), d’effectuer l’échantillonnage du phosphore à trois reprises durant l’été, soit vers la mi-juin, la mi-juillet et la mi-août. La compilation d’un échantillonnage du phosphore échelonné sur les 3 mois de la période estivale permet de dresser un portrait représentatif du taux de phosphore dans le lac. Il est également possible d’effectuer l’échantillonnage du phosphore au printemps et à l’automne lors des périodes de brassage des eaux (immédiatement après fonte des glaces et avant la prise des glaces). Cette dernière mesure nous permet d’identifier le taux de relargage du phosphore dans le lac. Cette donnée peut également être indicatrice d’un manque d’oxygène dans les eaux profondes d’un lac ainsi que de la floraison éventuelle de cyanobactérie (algue bleue vert).    

Technique d’échantillonnage : Le taux de phosphore d’un lac est connu suite au prélèvement d’un échantillon d’eau à l’endroit le plus profond du lac (la fosse) ou au centre du lac soit à environ 2 mètres sous la surface pour les prélèvements faits en été ou sur toute la colonne d’eau pour les échantillons prélevés au brassage printanier et automnal. Les échantillons sont ensuite envoyés rapidement dans un laboratoire et les données sont normalement notées en µg/litre ou en mg/litre. Pour connaitre les détails de la technique complète, veuillez consulter le protocole d’échantillonnage de la qualité de l’eau à l’adresse suivante : http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/Eau/rsvl/protocole-echantill-qualite.pdf ou consulter la vidéo ici : https://www.youtube.com/watch?v=_9jt5WoBB-s

 

Interprétation des résultats : Les résultats des taux de phosphore dans un lac permettent de classifier le lac selon son état trophique (état de vieillissement). Voir le tableau I.

Classes des niveaux trophiques des lacs avec les valeurs correspondantes de phosphore total, de chlorophylle a, de carbone organique dissous et de transparence de l’eau

Classes trophiques

Phosphore total

(ug/L)

Chlorophylle a

(ug/L)

Transparence

(mètres)

Ultra-oligotrophe

0 - 4

0 - 1

12 et +

Oligotrophe

4 - 10

1 - 3

12 - 5

Oligomésotrophe

7 - 13

2,5 - 3,5

6 - 4

Mésotrophe

10 - 30

3 - 8

5 - 2,5

Méso-eutrophe

20 - 35

6,5 - 10

3 - 2

Eutrophe

30 - 100

8 - 25

2,5 - 1

Hypereutrophe

100 et +

25 et +

1 - 0

Carbone organique dissous (mg/L)

Couleur

Incidence sur la transparence

< 3

Peu coloré

Très faible incidence

≥ 3 > 4

Légèrement coloré

Faible incidence

≥ 4 > 6

Coloré

Incidence

≥ 6

Très coloré

Forte incidence

 

Provenance : Les apports naturels de phosphore dans les lacs proviennent principalement des pluies et des débris apportés par le vent se déposant dans les lacs, par les ruisseaux, les milieux humides et les étangs de castor. Les apports de phosphore d’origine humaine proviennent principalement des installations septiques non conformes, des fertilisants à jardins et pelouse, du déboisement excessif des bandes riveraines, des effluents industriels, de l’érosion des bandes riveraines et de l’agriculture non durable.

 

Effet sur la qualité de l’eau : Lorsque le taux de phosphore dans l’eau est en excès, cela peut augmenter considérablement la croissance des plantes aquatiques et des algues (cyanobactérie). Il peut altérer le goût et l’odeur de l’eau, créer une anoxie (manque d’oxygène) dans les eaux profondes et contribuer au remplacement des poissons-salmonidés (truites) par des espèces plus tolérantes. En résumé, l’augmentation du phosphore dans un lac est directement liée à l’eutrophisation du lac (vieillissement).

 

La chlorophylle a

Qu’est-ce que la chlorophylle a et pourquoi l’échantillonner? La chlorophylle a est un pigment qui donne la couleur verte aux plantes, aux algues et aux cyanobactéries. Elle nous indique l’abondance d’algues microscopiques (phytoplancton) présente dans le lac. Ces algues déterminent le taux de production de matière organique dans le lac et elles augmentent en fonction de la concentration de phosphore dans le lac. Les lacs eutrophes produisent une importante quantité d’algues.

Technique d’échantillonnage : Pour mesurer la chlorophylle a, un échantillon d’eau est prélevé à trois (3) reprises pendant l’été (en juin, en juillet et en août) près de la surface à environ 1 mètre de profondeur et transféré dans une bouteille opaque destinée à l'analyse. Cet échantillon est ensuite envoyé rapidement dans un laboratoire où les algues seront analysées. La concentration en chlorophylle a se mesure en microgramme de pigment par litre d’eau (g/l) ou en milligramme de pigment par mètre cube d’eau (mg/m³). Moins de 1 µg/l étant très faible et plus de 25 µg/l étant extrêmement élevés (voir tableau I). La comparaison des données de chlorophylle a au fil des années permet de déterminer si la productivité du lac est stable.

 

Le carbone organique dissous

Qu’est-ce que le carbone organique dissous et pourquoi l’échantillonner? Le carbone organique dissous (COD) provient de la décomposition de la matière organique (végétaux, microorganisme, animaux morts, contaminants apportés par l’homme) responsable de la coloration jaunâtre ou brunâtre de l’eau. Il permet de déterminer l’évolution de la pollution organique qui, en concentration élevée, affecte les réserves d’oxygène dans l’eau.

Technique d’échantillonnage : L’échantillonnage du carbone organique dissous s’effectue de la même manière que pour la chlorophylle a. Les résultats sont exprimés en milligramme par litre (mg/L) où moins de 3 mg/L représente une eau peu colorée et 6mg/l et plus représente une eau très colorée (voir tableau I). Par conséquent, la concentration en carbone organique dissous a une incidence directe sur la transparence de l’eau.

 

La transparence de l’eau

Qu’est-ce que la transparence de l’eau et pourquoi l’inventorier? La transparence c’est la propriété de l’eau à transmettre la lumière. Elle est mesurée à l’aide d’un disque de Secchi (voir figure 2) et elle nous informe sur la quantité de matière en suspension dans l’eau. Plus l’eau est transparente et plus elle est de bonne qualité. La transparence diminue avec l’augmentation d’algues microscopiques dans le lac.

Technique d’échantillonnage : En résumé, la transparence de l’eau est mesurée à l’aide d’un disque de Secchi (disque circulaire noir et blanc de 20 cm de diamètre) attaché à une corde graduée. Celui-ci est plongé dans l’eau sur le côté ombragé de l’embarcation et on mesure la profondeur à laquelle il disparaît. Idéalement, la transparence devrait être effectuée à toutes les deux semaines entre le mois de juin au mois d’octobre, car les données obtenues sont très qualitatives et changeantes selon les conditions climatiques. Ainsi on s'assure d'avoir une valeur moyenne représentative de la réalité. La transparence est notée en mètres et nous indique l’état trophique du lac (voir tableau I). Pour tous les détails de la technique complète, vous pouvez vous référer au document suivant : http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/Eau/rsvl/transparence.pdf .

 

http://forumnationalsurleslacs.org/wp-content/uploads/2014/02/diapo3.jpg

Figure 2. Disque de Secchi. Source : http://forumnationalsurleslacs.org/images/forum-2014/

 

Les coliformes fécaux

Qu’est-ce que des coliformes fécaux et pourquoi les échantillonner? Les coliformes fécaux sont des bactéries qui proviennent des matières fécales produites par les humains et les animaux à sang chaud. Leur présence dans l’eau indique une certaine contamination par les matières fécales et les microbes qui y sont associés. L’échantillonnage des coliformes fécaux permet d’évaluer si l’eau est suffisamment sécuritaire pour qu’on puisse l’utiliser à des fins récréatives (baignade surtout).

Technique d’échantillonnage : L’échantillonnage des coliformes fécaux est assez simple. Il consiste à se positionner dans les eaux peu profondes, soit environ à la hauteur des genoux, et récolter un échantillon de l’eau juste sous la surface. L’échantillon est envoyé rapidement au laboratoire pour analyse. Les résultats sont exprimés en unité par 100 millilitres d’eau (voir le tableau II). Il est recommandé de répéter l’échantillonnage aux divers endroits réservés à la baignade et à plusieurs reprises, car des facteurs tels que le vent, la température, la contamination peuvent influencer les résultats. La santé des utilisateurs est donc le premier incitateur pour effectuer ce genre de test.

 

Tableau II. Classification de la qualité de l’eau utilisée pour les usages récréatifs

Qualité de l’eau

Coliformes fécaux / 100 millilitres

Détails

Excellente

0 - 20

Tous les usages récréatifs permis

Bonne

21 – 100

Tous les usages récréatifs permis

Médiocre

101 – 200

Tous les usages récréatifs permis

Mauvaise

Plus de 200

Baignade et autres contacts directs avec l’eau sont compromis

Très mauvaise

Plus de 1000

Tous les usages récréatifs sont compromis

 

 

Les cyanobactéries (algues bleu vert)

Qu’est-ce que les cyanobactéries et pourquoi les échantillonner? Les cyanobactéries (également appelées algues bleu vert) sont des microorganismes aquatiques pouvant produire des poisons naturels, soit des cyanotoxines. Même si elles sont naturellement présentent dans l’eau, les cyanobactéries ne sont problématiques que si elles deviennent abondantes. Si les conditions sont favorables, par exemple lorsqu’il y a de grandes quantités de phosphore dans l’eau, les cyanobactéries peuvent se reproduire rapidement. Elles forment alors ce qu’on appelle une fleur d’eau (ou bloom) qui est visible à l’œil nu et qui se retrouve généralement à la surface de l’eau. Les fleurs d’eau sont généralement vertes ou turquoise et elles ressemblent à un déversement de peinture en surface, à de l’écume sur les rivages ou de la soupe aux pois (ou brocoli). D’autre part, certaines cyanobactéries (plus rare) possèdent des pigments rouges et peuvent ressembler à des masses étendues ou diffuses (même sous la glace) de différentes teintes de rouges. Pour des exemples de fleurs d’eau de cyanobactéries, consulter le Guide d’identification des fleurs d’eau de cyanobactéries disponible dans les bureaux du MDDELCC ou en ligne à http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/eco_aqua/cyanobacteries/guide-identif.pdf.

 

Risque pour la santé des usagés : Lorsque les cyanobactéries produisent des toxines, celles-ci peuvent être nocives pour la santé. Il est fortement recommandé de ne pas entrer en contact et de ne pas consommer l’eau. Les malaises sont principalement de la diarrhée, des nausées et vomissements, des douleurs abdominales lorsqu’il y a ingestion et des irritations de la peau, des yeux et des oreilles s’il y a contact. Si elles sont consommées en quantité, l’ingestion des cyanotoxines peut affecter le système digestif, le foie et le système nerveux.   

 

Mesures à prendre : Si vous suspectez la présence de fleur d’eau sur un lac, vous devez contacter le MDDELCC sans délai au 819-772-3434 ou Urgence-Environnement au 1 866 694-5454 en dehors des heures d’ouverture. Vous pouvez également remplir le formulaire de constat visuel de la présence de fleurs d’eau de cyanobactéries ici : http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/eco_aqua/cyanobacteries/formulaire/formulaire.asp

 

 

Recommandations et bonnes pratiques : Comme vous avez pu le remarquer, toutes les composantes de l’eau sont liées ensemble. Le simple déboisement des berges d’un lac peut augmenter le taux de phosphore et déclencher une réaction en chaine pouvant affecter tous les éléments et les organismes vivants d’un plan d’eau.  C’est pourquoi il est important de respecter l’équilibre fragile de ces milieux de vie et d’appliquer individuellement les bonnes pratiques environnementales qui se résument en ces quelques points et davantage.

  • Effectuer l’échantillonnage de l’eau de son lac annuellement par le biais de son association de lacs, la Fédération des lacs de Val-des-Monts ou le RSVL.
  • Respecter l’intégrité de la bande riveraine, ne pas tondre la pelouse et reboiser au besoin.
  • Ne pas déposer du remblai ou des matériaux susceptibles de se lessiver ou de polluer à l’intérieur de la bande riveraine.
  • Devenir membre et prendre part à la vie associative de son lac.
  • Entretenir et faire inspecter son installation septique. S’assurer que toute la plomberie se déverse dans la fosse septique (lavabo, lessiveuse, etc.) et non dans le drain français de la maison ou directement dans le milieu naturel.
  • Utiliser des embarcations de plaisance non motorisées ou restreindre sa limite de vitesse afin de réduire l’impact des vagues sur les bandes riveraines.
  • Restreindre l’utilisation de pesticide, herbicide et de produits domestiques à base de phosphore.
  • Réduire la contamination des espèces aquatiques envahissantes en lavant son embarcation avant d’utiliser un autre plan d’eau.
  • Ne pas tondre la pelouse ni déposer de remblai ou autres matériaux à l’intérieur de la bande riveraine.
  • S’assurer de la stabilité des ponceaux sur les chemins privés pouvant entrainer du lessivage du sable ou autres matériaux dans les plans d’eau.

 

Références :

Pour en savoir davantage, pour s’inscrire au réseau de surveillance volontaire des lacs (RSLV) et s’informer sur les rubriques sur l’eau et les protocoles d’échantillonnage de l’eau du Ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la lutte contre les changements climatiques consulter le : http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/rsvl/methodes.htm

Pour accéder à la trousse des lacs : http://www.troussedeslacs.org/

Pour accéder au Conseil Régional de l’Environnement (CRE) Laurentides : http://www.crelaurentides.org/