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Problématique de castor

Pour obtenir les services d'un trappeur certifié pour la déprédation du castor, vous pouvez contacter Michel Boucher président de l'Association provinciale des trappeurs indépendants, Conseil Outaouais au 819-210-9840

 

Gestion des cours d’eau et déprédation du castor – MRC des Collines

Un castor sur mon terrain!

Par Mélanie Renaud,  en collaboration avec Michel Leclair, président-directeur général d’Éco-Odyssée et expert en gestion du castor.

 

Un peu d’histoire

La présence du castor sur nos terres remonte à la période de pré-colonisation. Il est donc vrai de dire qu’il est bien chez lui ici depuis aussi longtemps que nous.  Le premier impact sur l’habitat du castor est survenu avec l’arrivée des premiers Européens. En effet, le castor était recherché principalement pour sa fourrure, que l’on préférait pour la confection de chapeaux destinés principalement à la haute caste. À cette époque la peau des castors se vendait très cher.  La  Compagnie de la Baie d’Hudson, mieux connue aujourd’hui sous la bannière « La Baie », a connu une forte ascension grâce à la trappe et au commerce de la fourrure du castor.  La pression  sur les populations de castor était telle, que cet animal était presque disparu de nos terres pendant plus 250 ans. Il était également à la limite de l’extinction en Europe. C’est  en 1975 qu’il a été officiellement reconnu en tant qu’emblème sur nos pièces de monnaie et nos timbres. Le castor a également été la mascotte (surnommé Amik, qui veut dire castor en algonquin)  et l’emblème officiel des Jeux olympiques de Montréal, en 1976.   

C’est aussi avec cette apparition symbolique au Québec et ailleurs au Canada que le castor est réapparu et s’est réapproprié ses terres.  La valeur et le prestige de sa fourrure n’est plus ce qu’elle était et le trappage du castor a, par conséquent, perdu ses lettres de noblesse. Ces pratiques ont été troquées pour un simple désir de poursuivre une tradition, de transmettre ces valeurs ou par amour et/ou nécessité. Aujourd’hui les trappeurs se font rares et la relève est quasi inexistante. Toutefois, cela n’empêche pas notre rongeur de poursuivre sa tâche et de coloniser le territoire.

 

L’écologie du castor

Le castor est le plus gros rongeur de l’Amérique du Nord. Trapu, il se déplace lentement sur le sol, ce qui fait de lui une proie facile, mais il en est tout l’inverse dans l’eau. Lorsqu’il se sent menacé et pour prévenir un danger, le castor tape sur l’eau avec sa queue et peut rester sans respirer, sous l’eau, jusqu’à quinze (15) minutes.  Il s’alimente principalement d’écorces d’arbres, mais aussi de bois, de feuilles, d’herbes et de plantes aquatiques. Les essences d’arbres préférées du castor sont principalement les peupliers, les érables et les saules, mais lorsque ces essences se font rares, il adapte  son menu à la plupart des autres essences disponibles.

Le castor est surtout connu pour ses talents de bâtisseur.  Son mode de vie est directement lié à l’abattage des arbres pour construire ses habitations et se nourrir. En moyenne, un castor va abattre environ 215 arbres, dont le diamètre peut atteindre 40 cm, par année. Selon le lieu où il s’installera, la tendance du castor est de construire une digue pour agrandir l’habitat subaquatique auquel il aura accès durant l’hiver. Ses buts sont de créer un étang assez  profond pour ne pas que le fond gèle en hiver, d'avoir accès à la hutte et à la nourriture pendant toute la saison froide et d'être à l’abri des prédateurs.

Puisque le castor est principalement guidé par l’ouïe, il aura tendance à construire une digue à l’endroit où le courant est plus fort.  Cette digue est généralement construite de branches, de boue et de pierre et peut avoir une ampleur remarquable.  

La hutte est construite à l’automne et le castor la couvre de boue au moment du gel afin de créer un revêtement solide, à l’épreuve des prédateurs. Elle possède deux sorties de secours  en plus d’une aire d’alimentation et d'une aire de repos au sec. Le castor est aussi habileté à creuser des chenaux sur son territoire. Ces chenaux servent à faciliter le transport de la nourriture et des matériaux de construction. Ils peuvent atteindre 1,5 mètre de largeur et 1 mètre de profondeur. Il arrive parfois qu’il fasse dévier un cours d’eau avoisinant afin de maintenir un bon niveau d’eau dans ses chenaux.

 

Qui est responsable?

Même si ses talents de bâtisseur de barrage peuvent impressionner, ils peuvent donner des maux de tête à plusieurs qui doivent payer le prix des dégâts occasionnés par ce rongeur.

Qui est responsable de payer la note? Il est de la responsabilité civile du propriétaire d’un terrain où se trouve un barrage de castor de veiller à ce que celui-ci ne constitue pas un risque pour la sécurité des biens et des personnes. Cela veut donc dire que le propriétaire est responsable de veiller à la sécurité du barrage et de débourser pour les aménagements requis. Puisque peu de gens possèdent les outils, les connaissances et les ressources nécessaires à l’aménagement d'un tel habitat, il est primordial de ne pas faire les choses sans être très bien préparé. Il est aussi important de retenir qu’il n’y a pas de solution magique et que chaque cas est unique. Plusieurs ouvrages de références sont disponibles à propos des techniques d’aménagement, mais il vaudrait mieux se référer à un expert avant de se lancer soi-même dans une expérience qui pourrait s’avérer très onéreuse en plus d'avoir à tout recommencer l’année suivante. Dans le même ordre d’idées, il est important de savoir qu’il peut être très dangereux, même  très dommageable pour l’environnement de détruire à l’aveuglette une digue de castor, en raison des charges de phosphore que cela puisse entraîner.  De toute façon, il est fort à parier qu’ils reviendront le reconstruire peu de temps après.  

 

Que peut-on faire?

De toute évidence, l’idéal serait que la problématique reliée à la présence du castor soit gérée conjointement avec les propriétaires mais aussi avec le support et le financement des autorités municipales et provinciales. De plus, l’approche par bassin versant devrait être préconisée puisque les impacts des endiguements ne se trouvent pas seulement sur le terrain concerné, mais plutôt sur l’ensemble du réseau de lacs et cours d’eau.

Malheureusement cette « idéal » n’est pas facile à atteindre et présentement, les citoyens qui n'ont pas les connaissances requises sont toujours aux prises avec les problèmes de castor et le manque d’information.

Par contre, puisque nous savons maintenant que le castor affectionne particulièrement les peupliers faux-trembles, le bouleau à papier, les érables et autres arbres fruitiers, il serait judicieux d’éviter de planter ces essences si nous sommes au courant de la  présence du castor dans nos environs. Par ailleurs, si vous avez déjà de ces essences d’arbre sur votre propriété et que vous voulez les protéger des castors, l’unique solution est fort simple. Protéger vos arbres en les entourant d'un grillage métallique résistant,  jusqu’à une hauteur d’au moins un (1) mètre.   

Une nouvelle famille de castors cherche à s’installer sur le plan d’eau de votre propriété? Surveiller ses activités de près et faites appel à un trappeur professionnel, mais restez à l’affût puisqu’un autre castor peut rapidement coloniser le territoire si les conditions s'y prêtent. De plus, il a la capacité de construire assez rapidement de nouvelles digues.

Toutefois, si vous êtes aux prises avec un barrage existant sur votre propriété et que vous craignez pour vos biens, votre sécurité ou celle d’autrui, faites appel à un expert qui pourra vous guider dans vos démarches.

 

Un peu d’espoir…

Sachez qu’actuellement, la question de la gestion du castor est étudiée par plusieurs intervenants et experts dans le but de trouver et de mettre en pratique des solutions permettant de travailler sur l’ensemble du réseau hydrique, c’est-à-dire des solutions favorisant la cohabitation de l’homme et de l’animal, dans une harmonie mutuelle.  Car il ne faut pas oublier que l’homme et le castor sont tous deux ici pour rester! 

 

Expert et passionné

Extrait tiré du site Internet http://www.eco-odyssee.ca/:

« Michel Leclair est avant tout un passionné de la nature. Riche de connaissances sur la faune et la flore, il captive quiconque ose lui poser des questions sur le sujet, en agrémentant ses récits d'anecdotes fascinantes et abracadabrantes. Normal pour un homme qui a passé sa vie dans la forêt à côtoyer comme collègues de travail animaux, arbres et phénomènes naturels. Suite à son expérience en tant qu'Agent de conservation de la faune au Parc de la Gatineau, il démarre sa propre entreprise « SOS animaux sauvages » dont la principale vocation est de gérer le castor et son habitat, le marais. Une question s'impose d'elle-même : pouvons-nous cohabiter avec le castor ou devons-nous l'éliminer? Pour Michel Leclair, la réponse est évidente. L'être humain peut cohabiter avec cet animal et pour cela, il faut gérer adéquatement son habitat. C'est au fil du temps que Michel a développé une expertise sans pareille dans la gestion du castor et de son milieu de vie. Aujourd'hui, il est reconnu comme un spécialiste dans le domaine et il peut en être fier. Le Parc de la Gatineau compte 152 point de surveillance,  plus de 500 barrages de castor sur 360 km² et plus de 200 dispositifs de contrôle de niveau d'eau qui limitent ainsi les impacts négatifs du castor sur notre mode de vie. »

En plus de participer activement en tant que président et directeur général de Éco-Odyssée, l’entreprise écotouristique qu’il a fondée, Michel Leclair accorde aussi de son temps à la présentation  de conférences et de formations sur la gestion du castor, telle que celle qu’il a donnée le 17 octobre dernier au centre communautaire du parc Thibault,  à Val-des-Monts.

Si vous avez des préoccupations et/ou que vous envisagez modifier et aménager l’habitat d’un castor, sachez que vous pouvez communiquer avec lui pour obtenir ses précieux conseils et son expertise en la matière  par courriel à michel.leclair@eco-odyssee.ca